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dimanche 9 février 2014

NI DIEUX, NI MAÎTRES. NI CHARTE, NI PQ !

Depuis plusieurs mois, au Québec, on ne fait que parler de la fameuse Charte des valeurs québécoises (ou de la laïcité) que le Parti Québécois (PQ) veut imposer à la province. Tandis que les mouvements nationalistes jubilent, leurs ailes les plus xénophobes, elles, profitent du momentum avec les conséquences que l'on connaît aujourd'hui : déferlement de propos et d'actions racistes dans l'espace publique, particulièrement envers les femmes voilées, montée du PQ dans les sondages électoraux et camouflage des nombreuses mesures rétrogrades que le gouvernement a appliquées dans les derniers mois. En résulte également une montée de la droite politique qui se drape aujourd'hui du voile de la laïcité qui, pourtant, est et a toujours été un idéal porté par les progressistes. Il existe pourtant une voie pour s'opposer à la fois à la fausse laïcité du PQ ainsi qu'à l'establishment religieux, une voie libertaire.



Une laïcité qui n'en est pas une !





D'emblée, il est nécessaire de souligner la mauvaise foi du PQ lorsque les sbires de ce parti affirment défendre la laïcité. Rien n'est plus faux. Beaucoup de gens ont soulignés que cette charte ne prévoyait même pas le retrait du fameux crucifix de l'Assemblée nationale, qui, il est important de le souligner, est l'héritage d'une des pire période de l'histoire québécoise. En effet, le crucifix n'a été introduit qu'en 1936 à l'Assemblée nationale, par le gouvernement ultra-conservateur de Maurice Duplessis.




Alors quand Pauline Marois dit que sa conservation vise à souligner l'histoire et le patrimoine du Québec, on est en droit de se poser quelques questions !




Plus encore, comment peut-on prétendre vouloir « réaffirmer » nos valeurs laïques et la fierté d'avoir un État séculier en s'attaquant, en premier lieu, aux croyantes et aux croyants qui travaillent dans le secteur public? Si le gouvernement veut enlever toute trace de « partialité religieuse » à l'État, ce n'est pas au bas de la pyramide religieuse qu'il doit s'attaquer, mais bien à l'establishment et aux institutions. À la place d'empêcher une infirmière voilée ou un fonctionnaire portant la kippa de travailler, il y a de nombreuses mesures qui pourraient être prises pour améliorer le caractère laïc de l'État.




Par exemple, comment se fait-il que le gouvernement québécois continue de financer les écoles privées confessionnelles où l'on endoctrine les enfants dans une religion? Le PQ nous répondra qu'il faut être responsables, qu'il est beaucoup plus économique de financer les écoles privées que d'envoyer tous les enfants dans le système public d'éducation. Pourtant, sous prétexte du port de signes religieux ostentatoires, ce gouvernement est bien prêt à renvoyer un grand nombre d'employé-e-s du secteur de la santé, secteur qui, inutile de le préciser, est en pénurie de main-d’œuvre au niveau de plusieurs professions. Comment se fait-il qu'encore aujourd'hui, le « chancelier » de l'Université de Sherbrooke soit l'archevêque catholique romain de Sherbrooke?
On pourrait également citer le fait que les institutions religieuses ne paient ni impôt, ni taxes scolaires, ou bien que le gouvernement québécois préfère subventionner des groupes religieux pour la sous-traitance de nombreux services aux plus démuni-e-s (soupes populaires, refuges pour sans-abris etc.) plutôt que de les prendre en charge.

Est-ce que cette charte aborde ces questions? Pas du tout! Mais alors, à quoi sert cette charte?



Une mesure populiste et électoraliste





En fait, il est bien normal que cette charte ne s'attaque pas aux problèmes de fond qui font en sorte qu'il est impossible d'affirmer que le Québec est une province laïque. Cette mesure n'est rien d'autre qu'un écran de fumée visant à remuer le vieux fond conservateur et xénophobe du Québec et c'est exactement ce que le PQ veut. Pendant que les chroniqueurs réactionnaires du Journal de Montréal (Martineau, Bock-Côté et autres Dominic Maurais) en profitent pour cracher leur venin sur « l'autre » (lire ici les immigrant-e-s), le gouvernement fait oublier les nombreuses mesures régressives qu'il a appliquées depuis le début de son mandat. Nous entendons ici les coupes à l'aide sociale, la dégradation des conditions de travail (notamment dans les cégeps), la hausse des tarifs d'électricité, le maintien de la taxe santé, etc. Et le pire, c'est que ça fonctionne! Le meilleur voile pour cacher les mesures régressives reste le retour à la xénophobie et une bonne dose de démagogie !




En effet, on a pu voir dans les derniers mois une hausse des intentions de vote pour le PQ, alors que le parti le plus conservateur de la province, la Coalition Avenir Québec (CAQ), est pratiquement rayé du paysage politique. C'est ainsi que le PQ a pu mettre de l'avant l'une de ces valeurs bien propre à la classe politique : l'opportunisme. Le gouvernement, pour se faire réélire aux prochaines élections, est prêt à utiliser la xénophobie et le racisme ainsi qu'à laisser se déchaîner les passions au sein de la population. C'est la bonne vieille technique de diviser pour mieux régner et il serait bien étonnant que les stratèges du parti n'aient pas prévu les conséquences de ce projet de loi.




Car il ne faut pas s'y méprendre, c'est bel et bien les québécois-e-s issu-e-s de l'immigration que cette charte vise, particulièrement celles et ceux de confessions juive, musulmane et sikhe. Ce sont principalement eux et elles qui portent des signes religieux ostentatoires et c'est également sur eux et elles qu'il est plus facile de laisser se déchaîner les passions racistes, car leurs différences sont bien visibles. Il est en effet beaucoup plus simple pour un chrétien de camoufler sa croix sous son chandail que de cacher son turban pour un sikh. Il devient donc facile de comprendre vers qui s'ouvriront les portes de l'emploi et pour qui elles se refermeront, tout est une question de convictions religieuses. Pendant ce temps, le maire Jean Tremblay continue à faire sa prière, catholique évidemment, au Conseil de ville de Saguenay sans être inquiété par les sbires du PQ.


Une charte pour les femmes, vraiment ?




Les chroniqueurs populistes, qui sont, soit dit en passant, assez loin d'être féministes, nous dirons que cette mesure permettra de libérer les femmes musulmanes du joug de leur mari autoritaire. Les Janettes, menées par Julie Snyder, nous diront que cette charte en est une féministe. D'or et déjà il faut se questionner sur ses propres convictions. Elle, qui emploie des femmes strictement pour leur apparence physique à son émission Le Banquier, ne semble pas avoir la même vision des effets du patriarcat sur les femmes. Tout comme elle dit que le port du voile est imposé par les maris, la mode et le style de vêtement « occidentaux » sont définis par les hommes de la société qui imposent des critères de beauté. Nous sommes toutes et tous esclaves des systèmes capitaliste, patriarcal, raciste, etc. Alors pourquoi nos systèmes d'esclavage seraient meilleurs que les leurs? Nous croyons qu'au contraire nous devons nous libérer des chaînes du patriarcat, du capitalisme, du colonialisme et cela passe notamment par le refus de se soumettre à quelque religion qui soit.




Et que dire de la manière de faire? Depuis ses débuts, le mouvement féministe au Québec (et ailleurs) s'est battu pour l'égalité entre toutes et tous mais aussi et surtout contre les rapports de domination. Or, en imposant aux femmes d'enlever leur voile pour travailler, les Janettes nient l'égalité entre toutes les femmes, tout en agissant de manières dominatrice, raciste et colonialiste. Les féministes d'État volent hypocritement au secours des femmes voilées en reproduisant tout les actions qu'elles dénonçaient il y a de cela quelques décennies seulement!



Ces féministes libérales prônent l'égalité entre les sexes et le droit des femmes à accéder à des emplois, à l'éducation au même titre que les hommes. Mais comment vont-elles faire pour s'émanciper économiquement si elles perdent leur emploi dans la fonction publique pour refus d'enlever le voile? Peut-être que les Janettes croient qu'il y a quelque chose de progressiste dans le choix entre perdre ses acquis sociaux en allant travailler au privé ou tout simplement quitter le marché de l'emploi. Sans compter la ségrégation économique sur le marché du travail... Bref, ces Janettes-sauveuses-des-femmes-voilées-au-Québec et leurs intentions ne sont que d'autres mesures qui entraîneraient une regression des droits et liberté des femmes ayant une confession religieuse autre que la leur, soit catholique.




NI DIEUX, NI CHARTE !


Plusieurs raisons peuvent être donnée pour s'opposer aux différentes religions. Elles sont et ont toujours été un outil de domination des hommes sur les femmes. Elles font croire aux gens qu'il est impossible d'améliorer nos conditions de vie, que c'est seulement après une vie de souffrance sur la Terre que nous pourrons réellement jouir et que pour l'instant, c'est notre destin de vivre sous l'oppression capitaliste. Elles ne sont basées sur aucune preuve tangible, mais demande qu'on croit aveuglément en leurs prédications. Elles ont leur propre hiérarchie où les croyant-e-s sont toujours au bas de l'échelle, mais où ce sont eux et elles qui doivent donner une partie de leur salaire et force de travail pour que la religion étende ses tentacules partout sur la planète.

Si on désire réellement s'opposer aux religions, à toutes les religions, ce n'est pas en stigmatisant les croyant-e-s que nous parviendrons à faire avancer notre cause, mais bien en s'attaquant de front à l'establishment religieux et à ses institutions tout en investissant massivement dans une éducation publique, laïque, gratuite, de qualité et qui vise à ce que les citoyen-ne-s se dotent d'un sens critique aiguisé. C'est seulement ainsi que nous couperons l'herbe sous le pied des prédicateurs et de ceux (et très rarement celles) qui bénéficient vraiment des institutions religieuses car une population éduquée et critique ne se laissera pas endoctriner si facilement, ni par la religion, ni par les mesures gouvernementales qui servent d'écran de fumée. Toutefois, à voir la démagogie dont fait usage le PQ pour nous vendre son projet de charte, il est bien difficile de croire que c'est ce que le gouvernement poursuit comme objectif...


Nous déplorons les actes de vandalisme racistes commis partout à travers la province!

Nous refusons cette charte sexiste, raciste, colonialiste et classiste!

Nous refusons ce gouvernement démagogue et populiste!


NI DIEUX, NI MAÎTRES, NI ÉTATS, NI PATRONS !

http://thesocietypages.org/socimages/2012/02/22/questioning-definitions-of-freedom/



samedi 26 octobre 2013

- Action bannière 26-10-13 - Les «Janette»: Féminisme raciste!

Chères Janette,


Vous ne semblez pas comprendre que la Charte et toutes les divisons qu'elle entraîne repose sur des objectifs précis et ignobles. Tout porte à croire que l'électoralisme crasse ait échappé à votre vigilance. Le PQ ne veut que diviser pour mieux régner et cela semble porter fruit. Cela fait bientôt quatre ans que nous vivons les effets néfastes de la dernière crise économique. Précarité chez les jeunes, diminution des conditions de vie générales de la population, augmentation des coûts d'éléments essentiels (alimentation, logement, éducation, santé). En temps d'austérité, les partis politiques au pouvoir cherchent à nous distraire des vrais problèmes, soit la précarité, les coupures dans les mesures sociales et les faiblesses du système économique. Le PQ n'en a rien à faire du féminisme et de l'égalité homme-femme. C'est dans son propre intérêt qu'il propose cette Charte.

La prétention que vous avez à défendre l'égalité homme-femme est insoutenable. Vous croyez aider les femmes musulmanes en les forçant à enlever leur voile? Vous soutenez un projet allant à l'encontre de la Charte des droits et liberté de la personne en faisant notamment la promotion d'une discrimination basée sur des motifs religieux. Ces femmes, que la Charte veut exclure du marché du travail, subissent également les contrecoups de la crise. La Charte des valeurs et ceux et celles qui l'appuient ne font qu'entretenir la haine et la précarité. Nous avons plus en commun avec ces femmes que l'élite bien-pensante du PQ, traître et bourgeoise. Vos contradictions et votre xénophobie ne font en sorte que d'exacerber les inégalités entre les femmes.

Vous prétendez que se sont des initiatives gouvernementales qui auraient donné le droit de vote aux femmes du Québec et qui auraient permis au peuple québécois de s'émanciper de la religion catholique. Contrairement à vous, nous croyons que ces acquis se sont faits par des luttes, longues et ardues. L'émancipation des femmes viendra d'elles-mêmes et forcer certaines d'entre elles à se plier à des lois que la majorité blanche et catholique leur impose est patriarcal et autoritaire.

La Charte des valeurs québécoises, exclusive et raciste, ne représente pas nos valeurs. Elle est pour nous une honte, une façon de nous diviser et de nous éloigner des véritables enjeux de notre société. Restons uni-es.

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Collectif
Libertaire
Montréal